Singapour, de la méritocratie à la médiocratie.

Entre 2001 et 2021, j’ai du passé dix ans en cumulé dans la petite cité état de Singapour. Sur cette période j’ai pu assister à une transformation intéressante ou la société est passée d’une méritocratie à une médiocratie.

Il faut dire que la situation économique de Singapour dans les années 2000 n’était pas aussi bonne que celle des années 2020, la période était difficile, les loyers et le coût de la vie assez bas. Guère plus de 15% des appartements de mon condominium étaient occupés.

Les temps difficiles entraînent les hommes forts et Singapour fort conscient de cela privilégiait les gens méritants. Étant moi même expatriés blancs, c’est à dire un travailleur détaché compétant et bien payé, je rentrai dans la classe des gens méritants, plutôt dans le haut de la pyramide.

L’immense majorité de la population locale, parmis la quelle on ne trouvait donc pas de gens assez compétants pour prendre mon travail, assurait le fonctionnement des infrastructures de la cité. On les trouvait dans les commerces (vendeurs, caissiers), dans les immeubles (entretien, gardiennage).

En l’espace de 20 ans, Singapour a accueilli beaucoup d’expatriés qui ont rendu la situation économique tout à fait exceptionnelle. Les jeunes générations ont pris cela pour acquis et s’en sont attribués le mérite. Au fut et à mesure, ils en sont venus même à accuser les travailleurs détachés de leur prendre le travail (alors que par définition, le travailleur détaché vient avec son travail).

La situation pour les gens locaux méritants a d’ailleurs évolué dans le même sens, Singapour a commencé à ne plus attribuer des visas de résidant permanent aux gens en fonction de leurs mérites, mais en fonction de leur race ou de leur intégration dans la société (ce qui revient exactement au même) s’assurant ainsi un niveau de médiocrité général de plus en plus important.

La crise du COVID a empiré les choses à un degré sans précédent en couronnant le pouvoir des médiocres. Ainsi, dans les immeubles, les gardiens se sont mis à décider comment les gens pouvaient utiliser les sièges dans le jardin ou la piscine pour des raisons sanitaires et sans la moindre base légale. Les médiocres sont devenus de facto les geoliers d’une prison qui apparaît de moins en moins dorée.